SOS pour la Loire Armoricaine

              Soutenons l’action engagée par le Comité Loire de Demain pour que, d’urgence,  des travaux soient intelligemment engagés pour mettre un terme  à la dégradation de la Loire.

 

1- Mairie du Fresne, 4 rue de la Mairie, 49123 Le Fresne-s/L

II – Un test très cher, d'un intérêt douteux :
       Le remodelage des épis
entre le pont de l'Alleud
       et la Pointe

 

             Les travaux  mis à l'enquête: Ce printemps  2009 fut organisée une enquête publique pour des travaux à finalité expérimentale ayant pour objet un remodelage des épis entre la Pointe sur Bouchemaine et le pont de l'Alleud face à la Possonnière, ce  avec l'ambition de relever de 0m25 la ligne d'eau du fleuve en période d'étiage par relèvement du fond de son chenal "navigable".

.             D'après le dossier mis à l'enquête, sur cette section de Loire

- la hauteur des épis serait abaissée de 0m50,

- ces mêmes épis seraient raccourcis pour porter à 50 mètres la largeur du chenal navigable,

- 24 500 m3 d'enrochements seraient évacués ici ou là, pour bonne partie par voie terrestre au grand dam des chaussées empruntées.

 

             Sur le plan des principes il semble acceptable que, sur cette section de Loire, soit testée une méthode pour remédier aux conséquences pernicieuses des travaux des années 1980, d'autant que, à en croire les usagers, le chenal constituant lit mineur de la Loire continuerait de se creuser, d'où, dans la section de Loire concernée,  de plus en plus de craintes à avoir quant à la réalimentation de la lentille de sable dans laquelle le SIAEP de la région du Layon puise son eau.

 

             Avis sur l'objectif: On peut regretter que l'objectif soit limité à un relèvement de 0m25, mais mieux vaut 0,25 que la poursuite de l'approfondissement du chenal.

             Fait défaut toutefois l'objectif secondaire d'éliminer les obstacles artificiels engendrant les dépôts de sable qui empêchent une bonne réalimentation de la boire de la Ciretterie, savoir des épis en Loire et, sur cette boire, des buses posées par le service de la Loire dans les années 1985-1990, en toute illégalité à la connaissance de l'ancien maire de Rochefort. Cet obstacle a été mis en place par un service de l'État, c'est à l'État de le faire disparaître.

 

             Avis sur les travaux: Favorable, sous trois  réserves importantes:

-1) que le raccourcissement des épis se fasse en maintenant, ou créant, une assise résistant à l'érosion,  de préférence aussi moyennant "évasement" de part et d'autre de l'actuel  lit mineur,

-2) qu'en plusieurs endroits de la section de Loire concernée  le fond du lit mineur soit artificiellement surélevé, de 0m35 ou 0m50 par un seuils noyé d'un genre enrochement ancré ou autre,

-3) que soient ouverts les épis entravant l'accès de l'eau à la boire de la Ciretterie.

 

             À ne pas prendre en considération la première réserve on courre le risque d'un élargissement d'un lit mineur poursuivant l'érosion de son fond. On n'aura pas apporté d'amélioration à la situation actuelle, bien au contraire L'erreur en l'occurrence est d'oublier qu'il n'y a pas que la "chenalisation" à avoir rompu l'équilibre hydraulique initial, il y a aussi la suppression de seuils rocheux.

             À ne pas prendre en considération la deuxième réserve on est quasiment certain que le sable mis en mouvement ira droit à la mer. L'erreur semble de s'en être remis à un logiciel de modélisation hydraulique qui, comme tout logiciel, ne restitue que ce qu'on lui donne. Dans le cas considéré mieux eut valu, semble-t-il, se fier d'une part à ce qui se constate lors des crues en matière de transport de sable, d'autre part à une expérimentation sur maquette comme il s'en faisait dans le temps chez Neyrpic. Avec cette dernière méthode, et moyennant de faibles frais, on aurait sinon une certitude du moins une approche de certitude que le lit mineur petit à petit s'exhaussera.  Présentement qu'on veuille bien expliquer pourquoi on prévoit que le sable se déposera sur une hauteur qui sera limitée à 0m25. Si d'aventure le dépôt effectivement s'effectuait, pourquoi, diantre! ne continuerait-il pas à s'accroître?

 

             D'aucuns peuvent craindre que les seuils noyés préconisés aient une incidence sur le niveau des crues. En fait elle ne peut qu'être nulle à partir du moment où les épis diminuent de longueur et de hauteur.

 

             Observations complémentaires

 

              Créer quelques seuils entre épis serait d'autant plus facile que l'opération envisagée libèrera 24 500 m3 d'enrochement qui ont coûté très cher à mettre en place et qui coûteront très cher à évacuer par terre ou par eau. Comble de la gabegie: partie de ces enrochements retournerait en carrières pour y être broyés. Merci pour les carriers et transporteurs qui gagnent sur tous les tableaux, une première fois à extraire et mettre en place les enrochements, une deuxième fois à les ramener en carrière et à les broyer. Gribouille ne ferait pas mieux

 

             Une enquête de simple formalité

 

             Le 18 juin 2009 les commissaires-enquêteurs remirent des conclusions favorables moyennant plusieurs réserves et recommandations, entre autres, pour les réserves, que soient effectuées des études et modélisations visant à explorer (radiers, seuils noyés, duits ...) les solutions techniques susceptibles d'augmenter la rugosité du lit mineur dans l'objectif de stabiliser les mouvements des sédiments. Ces études sont à prolonger par des expérimentations en vraie grandeur.

              À lire ces conclusions il est très net que les commissaires-enquêteurs ont subordonné leur avis favorable à la prise en compte des réserves émises. Apparemment les travaux sont commencés et il ne semble pas qu'il ait été tenu compte sinon de toutes les réserves, du moins de celle ci-dessus reproduite. C'est très grave car procédant ainsi on engage d'importants travaux qui peuvent avoir pour résultat non seulement d'envoyer à la mer tout le sable mis en mouvement, de plus de laisser se poursuivre l'érosion du lit du fleuve. Y aura-t-il alors un responsable ? Peu probable. Une fois de plus Voies Navigables de France aura joué les apprentis-sorciers et montré son incapacité à maîtriser les problèmes de cette section de Loire. Vivement donc qu'elle soit retirée de ses griffes et confiée à l'Administration de l'Environnement!

 

 

                                                                                           Rochefort le 5 octobre 2009

I - Entre Nantes et les Ponts-de-Cé, une Loire vandalisée

 

Une situation qui empire

 

             En aval du seuil naturel des Ponts de-Cé, d’année en année et à même quantité d’eau, le niveau de la Loire descend chaque été un peu plus. Les responsables en sont services de la Loire qui, jouant les apprentis sorciers, se sont acharnés depuis plus de cent ans à vouloir rendre la Loire navigable de Nantes aux Ponts-de-Cé. À grands renforts d’épis ils ont créé un chenal par lequel transite toute l’eau en période d’étiage, à l’occasion d’ailleurs faisant sauter quelques seuils rocheux qui pouvaient gêner la navigation. Dans le même temps, voulant amener les gros bateaux à Nantes, ils ont dragué l’estuaire. Résultat : une vitesse de l’eau plus grande qui érode le fond du chenal, d’où :

- un approfondissement continu de ce chenal et, à même débit, de l’eau de plus en plus basse,

- des épis devenus trop haut et, de ce fait, engouffrant des débits toujours croissants, 

- enfin, par voie de conséquence, une accentuation du phénomène d’érosion. 

             Le schéma ci-après présente le problème. On voit qu’entre les épis, le chenal primitif est devenu plus profond. Si rien n’est fait, le phénomène se poursuivra avec des nappes alluviales toujours plus basses et un environnement toujours plus dégradé.

             Comme on peut le voir : sur le plan de l’environnement, c’est atroce ! Certes il y a eu une certaine remontée locale des niveaux d’étiage mais en contrepartie, outre l’atteinte à l’environnement, divers problèmes, notamment un passage des barques rendu difficile sinon périlleux. Une dizaine d’ouvrages semblables étaient prévus ! Déjà défigurée, la Loire aurait été défigurée un peu plus. Mais à quoi donc pensent nos décideurs ?

 

La proposition du Comité Loire de Demain

             Considérant les inconvénients du seuil expérimental du Fresne, considérant aussi qu’il est sans intérêt de surélever des épis alors que le chenal s’est creusé, le Comité Loire de Demain propose aux autorités une solution moins brutale et plus respectueuse de l’environnement : en lieu et place des épis un large radier central s’élevant progressivement jusqu’au niveau des hautes grèves. Procédant ainsi, les niveaux d’étiage seraient relevés sans gêne pour l’écoulement des crues puisque simultanément seraient remodelés les épis.

Le seuil expérimental du Fresne

 

             Face aux conséquences néfastes des travaux réalisés tant en Loire que dans l’estuaire, de nombreuses études ont été engagées depuis une bonne dizaine d’années, sans grand résultat si ce n’est la réalisation d’un ouvrage expérimental à hauteur du Fresne, en limite de Maine et Loire et de Loire-Atlantique. Le schéma en est présenté ci-après. Le chenal est élargi. Son fond est surélevé par des enrochements. Enfin les épis sont surélevés.

Ce que donne cet essai du Fresne,  la photo ci-après le présente 

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responsable de la publication :

 

Michel Nouaille-Degorce,

maire honoraire.

 

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