Au cœur de Rochefort-sur-Loire
L'église

Mise à jour Juillet 2017

 

           De nos jours le cœur du bourg de Rochefort est occupé par une grande place publique centrée sur l’église paroissiale Sainte-Croix. Sur ses abords Sud se trouve un Hôtel de Ville de style Louis XIII, mais d’époque Napoléon III. Il regroupe la mairie, la poste et les écoles publiques, autrefois filles et garçons, aujourd’hui maternelle et primaire.

 

           L'église fut construite à la fin du XIXème siècle. Par contre son clocher,  hérité d’églises précédentes, est réputé du XVIème.

 

           L’église et son clocher ont été inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par un arrêté du 4 février 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                      Vue aérienne prise vers 1950  (carte postale Gaby)

 

Une église inachevée

 

           L’actuelle église Sainte-Croix (architecte Beignet) remonte à 1880. Elle fut édifiée en remplacement d’une église de 1840 si mal construite, est-il exposé dans une délibération, qu’il avait fallu en permanence la réparer. De plus, trop petite, elle ne répondait pas aux besoins d’une paroisse de quelque 2400 habitants1.

 

           Cette église est inachevée aujourd’hui (elle ne le sera jamais sans doute). Présenté ci-dessous, le projet prévoyait :

- d’encadrer le clocher de deux chapelles en rotonde comme il en existe de part et d’autre du clocher de l’église Notre-Dame, place Imbach à Angers.

- de construire un péristyle par devant son porche.

- enfin de remplacer son bulbe de couverture par une haute flèche en tuffeau.

   Par chance le financement ne suivit pas. Hélas ! fut démoli l’escalier du clocher sous tour d'angle ; le remplaça, sous porche et "à titre provisoire",  une échelle de meunier d'un bien triste effet. Hélas  aussi ! la décision fut prise de réserver l’avenir du projet par la réalisation des fondations des chapelles et des murs côté église. S'y voient encore les repères de taille des pierres2.

 

 

 

 

 

 

 

Le projet Beignet ( Doc. Archives Départementales M&L)  

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1 de nos jours 2100 habitants.

2 En rouge à l’extérieur de l’édifice

 

L’église Sainte-Croix autrefois

 

           Historiquement deux églises précédèrent l’église actuelle :

- L’une dura de 1840 à 1880. De ce fait la présenter est sans grand intérêt.

- L’autre, tout au contraire, avait fort probablement des siècles et des siècles d’existence lorsqu’elle fut démolie en 1840. Deux dessins en existent. L’un, signé Berthe, ne donne qu’une vue partielle de l’édifice. L’autre, retrouvé dans un bulletin paroissial édité en 1933, le situe bien dans son environnement. De date non connue, il porte de façon fort apparente le nom PERRIN, du graveur sans doute, et, discrètement sur la droite, celui de l'artiste, Pierre Pinard semble-t-il. Le voici présenté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Sur le dessin dit PERRIN l'église est dessinée telle qu'antérieurement à 1816, année de la décision de pourvoir d'un emmarchement d'accès la galerie Ouest, celle qui  donne sur rue.

           Deux enjolivures affectent toutefois le dessin du clocher :

- les baies jumelées sont représentées sans partie inférieure obturée,

- La tour d'escalier n'est pas en communication avec le bulbe contrairement à ce qui fut, ainsi que le montre le dessin de l'architecte Montfort.

 

Les plans Villers

 

           Deux relevés de l’église d'avant 1840 sont conservés aux Archives Départementales de Maine et Loire. Ils ont été établis en 1827 par l’architecte Villers. L’un3 présente la façade Ouest avec une architecture de galerie semblable à celle de la galerie Nord ; la forme de la toiture ainsi que la présence d'appuis au changement de pente font présumer qu'une première église fut agrandie par allongement de la nef, élargissement et ajout des deux galeries.  L’autre4 confirme l'hypothèse en même temps qu'il renseigne sur les dimensions au sol, de l’ordre de 26m x 13 m pour l'église de 1840, et  sur l’articulation des diverses emprises, en même temps aussi qu'il soulève l'hypothèse que la mise en transept du clocher se fit par ouverture d'un mur, imaginé en grisé sur le plan.Si en cet emplacement se révélait une fondation de mur, ce serait la preuve que le clocher fut d'abord une tour carrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 ADML – cote 90 J 3099

4 ADML - cote 90 J 3097

 

L'énigme de la Galerie Ouest

 

Qui  regarde le dessin "Perrin" de l'église est tout étonné de voir que la galerie Ouest n'est pas de niveau avec celle donnant sur la place Sainte-Croix, aussi que son architecture n'est pas la même, ne ressemblant pas non plus à celle du relevé de 1827.

 

Le dessin de la galerie Ouest est devenu compréhensible depuis la découverte, dans les années 2010, que la rue longeant cette galerie fut creusée à travers un vieux cimetière de niveau avec le sol de la galerie.

Corroborent cette hypothèse que les rez-de-chaussée des immeubles faisant face sont  bizarrement décalés, aussi que de nombreux ossements ont été retrouvés dans leurs fondations. S'ensuit une apparence  de décalage du sol des galeries parce que l'une d'elle a un sol donnant sur  le vide. En cet état la galerie était dangereuse d'où qu'une correspondance municipale de 1791 indique qu'on rentrait dans l'église par la seule petite porte latérale.

 

En regard des plans Villiers, la compréhension ainsi acquise du dessin dit PERRIN fait supposer :

-que l'ouverture de la rue intervint peu avant la Révolution,

-que les autorités avaient dans l'idée de reconstruire la vieille galerie à l'identique de l'autre d'où qu'elles ne l'équipèrent pas d'un garde-corps,

-enfin que ce projet de reconstruction se concrétisa entre 1816, année où la municipalité décida de pourvoir la galerie Ouest d'un emmarchement d'accès absent du  dessin Perrin et 1827, année du relevé Villiers qui montre une galerie à l'identique de l'autre et avec emmarchement d'accès.

 

                                                                                                   Michel Nouaille-Degorce (juillet 2017)

 

 

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