Histoire de Rochefort-sur-Loire          de     1789 à 1900

 

La Révolution

 

           Comme partout en France les réformes du début de la Révolution furent bien accueillies, dans l'enthousiasme même à en juger de l'euphorie qui  transparaît d'un procès-verbal du 18 juillet 1790 rendant compte de la création de la "Fédération Nationale des citoyennes de la commune" lors de la fête de la Fédération le 14 juillet précédent.

           Les désillusions vinrent fin 1790 et début 1791 avec le vote de la Constitution  Civile du Clergé, le renvoi du curé Boulloys et son remplacement par un intrus nommé par l’assemblée départementale. Élu le 7 février 1790, le premier maire, Pierre Bonneau, démissionnait le 12 novembre. Jacques Ledoyen, son remplaçant, en faisait autant cinq mois plus tard. La coupe déborda le 13 mars 1793 quand la municipalité fit supporter aux seuls habitants des coteaux la charge de fournir des « volontaires » pour défendre la patrie. Le soir, la population concernée se soulevait pour une rébellion qui allait amener quelque 300 rochefortais à combattre au sein de l’armée vendéenne, et une centaine à y laisser leur vie ;  parmi eux l'ancien maire Jacques Ledoyen et trois de ses fils, le quatrième étant guillotiné en place du Ralliement parce que, curé de Contigné, il avait refusé le serment de fidélité à la dite Constitution et exerçait dans la clandestinité.

           Pendant la Terreur la population civile fut durement éprouvée, particulièrement lorsque les troupes républicaines réoccupèrent le bourg à l’automne 1793 et que les autorités procédèrent à la purgation de la Vendée. Entre autres furent fusillées six femmes rochefortaises au Champ des Martyrs d'Avrillé, l’une pour avoir caché un prêtre et trois autres dont la demoiselle de charité Françoise Cady, pour être allées à des messes officiées par des curés ayant refusé le serment. Leur crime : messière. Par ailleurs moururent en prison, victimes de leurs conditions de détention, pour le moins 14 femmes et  quinze jeunes enfants dont six de 4 mois à 12 ans d'une même famille Denécheau.

           En 1790 la population de Rochefort était de 2404 habitants ; onze ans plus tard elle n’était plus que de 2271. École de filles et maison de charité étaient "passées à la trappe" de la vente des biens du clergé et des œuvres caritatives. Des institutions de l’Ancien Régime, une seule demeurait : l’école de garçons. Si l'État y avait gagné, il n'en était pas de même des paroisses devenues communes : elles furent dépouillées de tous les biens leur permettant de venir en aide aux indigents.

 

         Les maires et présidents de l'exécutif de la période révolutionnaire

Maires

- Pierre Bonneau                       7 février 1790                      -  12 novembre 1790

- Jacques Ledoyen                    22  novembre  1790             -  18 avril 1791

- Charles Alexis Martin            22  mai 1791                        -  26 décembre 1792

- René Lucas                                          26  décembre  1792

- Maurice Trottier                      29 thermidor an III                (16  août  1795)

 

Présidents de l'exécutif du canton (qui de 1795 à 1799 regroupa les communes de
Denée, Mozé, Rochefort et Saint-Aubin)

- Maurice Trottier.                                29 brumaire an IV          (19 novembre 1795)

- Jean-Louis Château                           1er germinal an VI           (21 mars 1798)

fut déchu comme ex noble le 10 messidor an VI                       (29 juin 1798)

- Jean Gachet (fait fonction)                23 thermidor an VI         (10 août 1798)

- Pierre Cesbron-Lamotte                        2 germinal an VII       (2 mars 1798) 

 

Le XIXème siècle à Rochefort.

 

           Fut marquée à Rochefort par de nombreux évènements: le rétablissement de la maison de charité, le déplacement du cimetière, le règlement d'un lourd contentieux opposant la commune à celle de Saint-Aubin, deux reconstructions de l'église Sainte-Croix, un désenclavement de la commune par des routes et une ligne de ponts sur la Loire, l'adoption des plans d'alignement du bourg, la démolition de deux immeubles qui encombraient la place Sainte-Croix,  la construction de l'Hôtel de Ville et de ses annexes, écoles et asile, la construction de châteaux dans les campagnes, le développement de l'instruction, la restructuration du centre, la construction de voies nouvelles, d'autres qui  "font peau neuve", la replantation d'un vignoble affecté par le phylloxéra, la création de la compagnie de sapeurs pompiers, d'une harmonie municipale, de sociétés de secours et d'assistance, de sociétés d'agrément et de convivialité, enfin de la Société des Courses.

 

Le rétablissement de la maison de charité

 

           Le rétablissement de la maison de charité fut l'œuvre du curé Bouloys de retour d’Espagne où la Révolution l’avait exilé. Vers 1807 il fondait un petit couvent de "Sœurs Maîtresses de Classe et  de Charité". La municipalité mit à leur disposition le bâtiment de l'ancienne Maison de Charité. Comme antérieurement elles eurent mission de faire l'école aux jeunes filles et de soigner les malades pauvres, aussi de leur fournir des médicaments (en un temps où il n'y avait pas de pharmacien). En 1834, 57 filles étaient déclarées au ministère comme fréquentant leur école.

 

            En la même année 1834 les sœurs se créaient un lieu de vie propre par l’acquisition d'un immeuble dit la Galerie situé au 3 rue Grand’Cour. Vingt ans plus tard, elles intégraient la communauté de Torfou dont les premières religieuses arrivaient pour l’année scolaire 1854/1855. Il y avait sr Félicité (Marie Beaumont) supérieure, sr Stanislas (Jeanne Guilleux), sr Joséphine (Gilbert), sr Hyacinthe (Mélanie Grégoire), sr Grégoire (Pauline Fillaudeau), sr Similien (Adèle Séjourné), sr Thimothée (Geneviève Prodhomme), sr Valère (Marguerite Maindron). L’année suivante la communauté de Rochefort comprenait deux sœurs de plus : sr Laurent, pharmacienne, et sr Joséphine, sacristine. Entre temps, en 1849, les sœurs avaient hérité d'une charge nouvelle : l'hébergement et la gestion d'un lieu d'accueil spécifique pour les jeunes enfants non scolarisables, une initiative de l’abbé Marchand, curé de Rochefort de 1823 à 1859. C'était l'asile, d'où émergèrent nos écoles maternelles.

 

Le déplacement du cimetière

 

           Deux cimetières existaient à Rochefort à la Révolution, l'un place Sainte-Croix entre rue Haute du Martreau et rue Grand'Cour, l'autre sur une moitié de la place du Pilory, celle où se trouve le jardin public et la bascule.

            Celui de la place Sainte-Croix, dit petit cimetière, était en voie d'être abandonné. Le déplacement du grand cimetière fut pour sa part envisagé dès 1791 vers un terrain qui se trouvait auprès du bois des Treilles. Toutefois son transfert ne fut réellement décidé qu'en 1828, non plus au bois des Treilles mais à l'emplacement où il se trouve de nos jours. Son "entrée en service" est du mois de janvier 1831.

 

L'institution du bureau de bienfaisance

 

           Lors de la Révolution la nationalisation des biens d'église priva les paroisses de toute possibilité d'action charitable. Rapidement apparut la nécessité de créer un organisme venant en aide aux plus démunis ; ce furent les bureaux de bienfaisance ; ils furent créés en 17 96 au niveau des cantons.

           Changement en 1830 :les bureaux de bienfaisance passent sous la responsabilité des communes, d'où à Rochefort le 15 juillet 1830 la création d'un bureau de bienfaisance composé du curé Pierre Marchand, de René Goubault, marchand propriétaire, de Mathurin Martin Chaillery, chirurgien, de Joseph Guisard propriétaire, et Michel Giffard aussi propriétaire.

 

           Dans les années 1850 la responsable du bureau de bienfaisance fut la dame de charité Victoire Myonnet. Appartenant à une vieille famille rochefortaise, elle avait pour père le juge Étienne-Michel Myonnet, qui instruisit le procès des Terroristes d'Angers, laissant un dossier d'enquête très précieux pour les historiens. Clément Myonnet, frère de Victoire, est l'un des deux fondateurs de l'ordre religieux des Frères de Saint-Vincent-de-Paul qui avaient leur séminaire à Mûrs-Érigné. De Michel Giffard comme de Victoire Myonnet un souvenir est gravé dans le bronze en l'église Sainte-Croix sur la cloche en fa naturel : elle s'appelle Michel Victoire, a pour parrain Michel Giffard, pour marraine Victoire Myonnet.

 

           Au cours des ans le bureau de bienfaisance exerça son action en faveur des nécessiteux. Il devenait bureau d'aide sociale (BAS) en 1953 puis, en 1986, centre communal d'action sociale (CCAS).

 

 

 

Le contentieux avec la commune de Saint-Aubin

 

           En mars 1791 les communes avaient reçu du procureur syndic du District l'ordre de délimiter leur territoire de concert avec les communes voisines et en s'appuyant sur les limites paroissiales, le cas échéant en les rectifiant ici ou là si besoin était d'un point de vue d'intérêt général. Le nécessaire fut fait dès le mois suivant, sans d'ailleurs que soit agréée aucune des propositions des représentants de Rochefort,  avec Denée d'échange des Écaraduères contre l'extrémité du village des Lambardières, avec Saint-Aubin  d'échange de Chaume contre la Roche-Ayrault et quelques virages de la route de Chalonnes où existait un petit village, de nos jours disparu; le Vaujuet.

 

           Les années passèrent quand vers 1820 la commune de Saint-Aubin entreprit de contester les droits de propriété de Rochefort sur diverse terres de vallée ayant appartenues aux abbesses, Dames de la baronnie de Rochefort, en l'occurrence des communs sur lesquels les gens de Saint-Aubin avaient eu un droit d'usage avant la Révolution.  Ce fut le début de dix années de procédure et d'expertises. Elles furent d'autant plus âpres et acrimonieuses qu'au temps des troubles la commune de Saint-Aubin, défendant la cause légitime avait plus d'une fois était pillée et ravagée par les Républicains de Rochefort (Délibération du C.M. de Saint-Aubin du 20 juillet 1824). Un procès fut intenté. En première instance, Saint-Aubin gagna (jugement du 4 août 1829 du tribunal de première instance d'Angers). En appel (arrêt de la Cour en date du 2 mars 1851) ce fut Rochefort au motif  que les terrains en litige relevaient de la paroisse Sainte-Croix  et que par une loi du 10 juin 1793 les communes ont été investies de la propriété pleine et entière des terres vaines, vagues, palus et pacages situés dans leurs territoires et dont les seigneurs s'étaient attribués la propriété.

 

           Vendus parcelles après parcelles  ces  communs firent la richesse de Rochefort tout au long du XIXème siècle, lui permettant entre autres l'engagement d'ambitieux programme d'urbanisme.

 

Les reconstructions de l'église Sainte-Croix

 

           Adossée à l'enceinte seigneuriale des abbesses du Ronceray, l'église d'avant la Révolution devenait trop petite. Sur demande de la Municipalité l'architecte Villers établissait les plans d'une église nouvelle. Toutefois, réflexion faite, la Municipalité refusait de donner suite trouvant trop élevé le coût des travaux.  Finalement en 1840 elle confiait à un autre architecte, Bonjour, le soin d'opérer un simple remaniement de l'église existante. Le résultat ne dut pas être très merveilleux car Célestin Port dans son Dictionnaire Historique et Géographique du Maine et Loire la décrit "immense vaisseau allongé d'un chœur rond semblable  à  un  four  à chaux". De plus, mal conçue et mal réalisée, il fallut en permanence y faire des réparations. Aussi, de guerre lasse, la Municipalité décidait en 1875 une totale reconstruction par les soins de l'architecte Beignet. Commencés en 1876 les travaux furent interrompus de 1880 à 1885 par manque de fonds. Ils ne furent repris qu'en 1885 suite à un apport financier de 60.900 francs rassemblés par le curé Oury.  Cette église a été inscrite en février 2008  à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en considération tant de son architecture que du site de Cour-de-Pierre sur laquelle elle est implantée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le désenclavement de Rochefort :

 

           Jusqu'au milieu du XIXème siècle, le bourg de Rochefort était un "bout du monde". Nul grand itinéraire ne le traversait, bien au contraire même, sa configuration en faisant un point de départ ou un point d'arrivée, nullement un lieu de passage. Aussi sa desserte s'en effectuait principalement par voie d'eau en passant par une "boire" qui, face à Mantelon relie, le Louet à la Loire. Par voie terrestre les accès étaient fort souvent peu praticables. Le meilleur itinéraire était celui de vallée longeant la Loire du bac de Port Thibaut près Sainte-Gemmes au bac du Candais près Chalonnes, avec en cours de route un troisième bac, celui de Port Godard. Toutefois cet itinéraire ne pouvait être utilisé qu'en dehors des  périodes d'inondation que les anciens savent pouvoir s'éterniser deux ou trois mois  durant. De plus pour rejoindre Rochefort il fallait emprunter un nième bac au lieu-dit le Port sur le Louet, le bac de la Corde.

 

           Le désenclavement se fit à partir de 1834, année où la commune construisit le premier pont sur le Louet, un pont suspendu avec platelage en bois.

 

           Vinrent en suite :

- dans les années 1850 l'ouverture de la voie départementale de la rive Sud de la Loire, en coup de hache à travers le bourg, de nos jours l'avenue d'Angers et la rue des Frères Gasnier,

- en 1854, celle de la route de Beaulieu, elle aussi en coup de hache mais  à travers l'enceinte seigneuriale de l'Abbaye,

- enfin en 1888, et au prix d'une action opiniâtre d'un élu rochefortais Félix Fourmond, la construction par le Conseil Général de trois ponts permettant de rejoindre la rive Nord de la Loire, le pont du Louet, le pont des Lombardières et le pont de la Guillemette. L'entreprise étant là, la commune lui confiait aussi la construction d'un pont en Vallée, sur la boire de la Ciretterie.

            Ainsi désenclavé dans toutes les directions le bourg de Rochefort put être desservi, d'abord par diligence depuis les villes voisines d'Angers et Chalonnes, ensuite pour les voyageurs comme pour les marchandises par un service de messagerie reliant le bourg à la gare de Béhuard-les-Forges.

 

 

 

 

 

Le bourg se dote d'alignements de voies publiques

 

            Jusqu'au XIXème siècle, dans le bourg comme dans les villages, les immeubles se construisaient souvent un peu n'importe comment, soit en rive d'une voie publique, soit en bordure d'une ruelle privée ou d'un chemin dit "voisinal" ou encore "sévezine". D'un immeuble à un autre les décrochements ne manquaient pas, tout au long du quai du Louet par exemple. Au XIXème siècle il apparut hautement souhaitable de délimites nettement les voies publiques. À cet effet furent institués les plans dits d'alignements définissant pour chaque voie du bourg son emprise, à charge pour les riverains venant à construire, ou à reconstruire, de mettre à l'alignement leur immeuble soit en avançant sur le terrain de la commune, soit au contraire en lui en cédant, l'immeuble étant alors dit "frappé d'alignement".

 

            Ce fut apparemment vers 1840 que la commune se préoccupa de créer des plans d'alignements pour le bourg de Rochefort. Le plus ancien remonte aux années 1842-1843 alors que L. Jousselin était maire de Rochefort. Il présente comme intérêt majeur de renseigner sur le plan de l'église de 1840, non connu par ailleurs. Toutefois ce document ne donna pas satisfaction et un nouveau projet fut établi. Il est signé en date du 28 mai 1846 par "Regrettier, nous maire de la Ville" (vérification faite il n'était pas maire mais remplaçait le titulaire, Jean Désiré Morin, "empêché"). L'approbation préfectorale se fit attendre..... jusqu'au 26 janvier 1850. Le Conseil en est informé le 28 février suivant. Apparemment ce document est celui qui doit servir pour "délivrer" les alignements des voies du bourg existantes en ce tmps-là. De nombreuses voies n'y figurent évidemment pas à commencer par celles que le Conseil Général réalisa peu après pour désenclaver Rochefort. Sur ces voies, la délivrance de l'alignement est du ressort des services du Département.

 

         

 

           Le dossier d'alignement "Regrettier" est une merveille de précision quant à la définition de l'emprise et des limites de chaque voie. De plus y sont portés non seulement les noms des propriétaires riverains,  aussi des renseignements sur les immeubles, en particulier s'ils ont un étage, s'ils sont en pierre ou en un autre matériau. Entre autres se découvre grâce à ce document qu'en ce temps-là

- la famille de Saint-Jean occupe la Normandière, ce logis qui, agrandi, est devenu la maison de retraite, aussi un immeuble sur la place du Pilory,

- la famille Myonnet est au logis du Veau (récemment encore presbytère), aussi place du Pilory dans l'immeuble à échauguette, voisin de celui appartenant à la famille Saint-Jean,

- la famille Regrettier occupe la maison Bouhallier de la place du Pilory,

- la famille Cesbron-Lamotte occupe à la Motte une propriété qui depuis  fut traversée par la route d'Angers (d'où le vignoble de la Motte),

- rue de l'Abbaye (en ce temps-là rue du cimetière), la Giraudière appartient à la famille Fromont (Fourmond) et tout le quartier faisant face à un certain Dupont,

- la famille Goubault occupe la maison de la baronnie du quai d'aval,

- Mr Froux  l'immeuble XVIIIème siècle situé sur la rue Froux,

- etc.

- enfin en plein coeur de la place Sainte-Croix, exitent encore les deux petits  immeubles appartenant à des particuliers. La Municipalité ambitionna longtemps de les démolir mais de la coupe aux lèvres, il y a loin. Ils ne disparurent qu'en 1858.

 

           Actuellement le dossier "Regrettier" se trouve pour partie en mairie et pour partie aux Archives Départementales. Ce document administratif est apparemment  toujours valable, du moins en l'absence de décisions modificatives particulières pour telle ou telle voie, comme pour la place du Martreau devenue simple rue. Un regroupement du dossier serait souhaitable de même que sa mise à jour alors que s'engage l'élaboration d'un plan local d'urbanisme.

 

La compagnie de sapeurs-pompiers

 

           Les archives sont muettes quant à l'organisation qui existait en début du XIXème siècle pour lutter contre l'incendie. Tout au plus mentionnent-elles

-en 1811 l'urgence de remplacer la cloche qui est cassée, elle est le signe de l'allégresse publique comme aussi des moments de calamité soit pour raison d'incendie ou d'inondations",

- en 1831 l'achat d'une pompe à incendie.

 

            Toutefois jusque vers les années 1860 la mission de protection civile relevait, semble-t-il, de la garde nationale locale, une institution de la Révolution remaniée différentes fois, du moins à s'en remettre au règlement qu'adoptent en 1862 les membres de la compagnie de sapeurs-pompiers de Rochefort.

 

           La compagnie comprend quatre officiers (Regrettier Eugène-Jacques, capitaine, Guillou Eugène, lieutenant, Lebreton Théodore-Stanislas, sous-lieutenant, Galisson Pierre-Paul, chirurgien aide-major), 6 sous-officiers, 8 caporaux et 38 sapeurs-pompiers. Il y a chaque mois exercice de manœuvre de la pompe et, tous les quatre mois, une revue avec prise d'armes  pour que les officiers puissent inspecter les armes et équipements attribués à chacun des membres. En cas d'incendie tous les tambours doivent parcourir sans exception toutes les rues du bourg et surtout celles où demeurent les pompiers. Etc. Pas question de paroles désobligeantes envers un chef ou encore de se présenter à une réunion en état d'ivresse. À chaque fois une amende pour le fautif.

 

La Musique

 

           En 1866 une musique fut attachée à la compagnie de sapeurs-pompiers. Le chef de musique était Mr Coêffard, apparemment l'instituteur des garçons. Le secondait un sergent, Giffard, et deux caporaux, René Oger et Poyneau. Sous leurs ordres : 22 musiciens. Les répétitions avaient lieu le vendredi de chaque semaine et, comme pour les pompiers, amende pour celui qui vient à manquer à une obligation du règlement, comme celle de ne pas jouer dans la rue en allant ou en rentrant de la réunion. "On ne pourra se costumer que pour les réunions officielles, sauf autorisation du Maire ou du Commandant, et l'on ne pourra rester à l'auberge ou au café, en costume, plus d'une heure après la rentrée".

 

Mairie et écoles trouvent place dans l'hôtel de ville

 

           Jusque vers les années 1860 le centre du bourg était occupé par un ensemble immobilier dit l'Abbaye, ancienne résidence seigneuriale des abbesses du Ronceray, seigneur de la Châtellenie de Cour-de-Pierre. Bien national elle avait été vendue à des particuliers.

 

           Vers les années 1850 les municipalités commencèrent à prendre conscience de l'intérêt de regrouper à l'Abbaye tout à la fois la mairie et les deux écoles, celle de filles comme celle de garçons. Dans un premier temps il ne fut guère question que d'utiliser les bâtiments existants, le logis seigneurial et ses dépendances. Le 8 février 1848 une Commission est désignée pour visiter l’Abbaye. De "fil en aiguille" l'acquisition est décidée puis réalisée (1849).

 

 

 

 

 

 

 

           Apparemment dès 1850 ou 1851 la mairie est à l’Abbaye, de même l'école de garçons. Toutefois les bâtiments ont plusieurs siècles d'existence. Leur bonne adéquation laisse à désirer. Aussi le 30 novembre 1863 le maire Paul Camille Pousset propose-t-il au Conseil une opération de grande envergure : la construction de l'Hôtel de Ville actuel avec mairie  en partie centrale du bâtiment et écoles dans ses ailes, en aile Ouest les filles, en aile Est les garçons, ici comme là avec dortoir d'une douzaine de lits et réfectoire pour l'hébergement des enfants habitants au loin dans la campagne. S'y ajoute même le lieu d'accueil des jeunes enfants de l'abbé Marchand, l'asile. En 1866 l'établissement des plans est confié à l'architecte Coutailloux. Le devis, de 90.000 francs, est approuvé en 1867. La construction démarre sans plus tarder et s'achève en 1870, à temps pour que l'école de filles (tenue par des religieuses) puisse accueillir une "ambulance municipale".

           Le maire avait vu large, si large que jusqu'en 1960 Rochefort put faire face sans problème à toutes les exigences de scolarisation et de locaux publics, la poste y comprise.

 

                    

 

Le bourg change de "visage"

 

           Dans la foulée des décisions affectant les voies communales et les voies départementales, la deuxième moitié du XIXème connut une transformation importante du visage du bourg et donne l'impression d'une période d'essor économique extraordinaire. .

 

           Sur les voies existantes les immeubles sont particulièrement nombreux qui furent alors mis à l'alignement soit par la démolition de l'ancienne maison et sa totale reconstruction, comme sur le quai l'immeuble qui fut maison de la baronnie, soit par des ajouts en façade, de plus ou moins bonne venue suivant le cas, parfois même défigurant un patrimoine de valeur comme le logis Martin des Loges sur la rue de l'Ancienne Cure. Le quai bien droit que nous connaissons de nos jours, nous le devons au XIXème et de même la plupart des façades de la Grand'rue. De ce temps-là aussi quelques beaux immeubles de la rue Haute du Martreau

 

           Pour sa part l'ouverture des voies départementales fut l'occasion d'une viabilisation importante de terrains qui ne tardèrent pas  à être construits, du moins pour ceux proches du bourg, d'où ici et là des logis XIXème d'un intérêt architectural méritant souvent considération.

 

.          Hors le bourg le XIXème siècle vit la construction de quatre châteaux : Saint-Symphorien, Dieuzy, l'Éperonnière et Piéguë

 

Les activités économiques

 

           Principales activités qui font vivre les Rochefortais au XIXème siècle:

- dans l'ensemble les activités "agricoles" sont les mêmes qu'avant la Révolution, viticulture, élevage et  blés sur les coteaux, élevage, lin et chanvre en Vallée, pêche professionnelle aux Lombardières d'où des cultivateurs, des laboureurs, des vignerons, des métayers, des journaliers, des pêcheurs

- .l'artisanat : comme de nos jours il y a l'artisanat des métiers du bâtiment, tailleurs de pierre, charpentiers, menuisiers, couvreurs, celui des métiers de la bouche, boulangers et bouchers et celui des services à la personne, perruquier en début de siècle (c'était aussi l'instituteur), coiffeur en fin de siècle . Pour le reste non seulement on répare, de plus on fabrique beaucoup localement ; pour les besoins courants, il faut de la toile, des sabots, des bottes, des chaises, des bassines, d'où les métiers de tisserands, de flanellier (Hacault), de tailleur d'habits, de couturière, modiste le cas échéant, de sabotier, de cordonnier, de tourneur-chaisier, de vannier, de ferblantier, de "fabricants" ; pour l'agriculture il faut des houes, des coupe-marcs, des faucilles, des tonneaux, des piquets de vigne, des pressoirs d'où les métiers, de taillandiers et de forgerons, etc.  pour les animaux de bâts et de selle il faut des attelages, des selles et des harnais que fabriquent les bourreliers, des cordes que fabriquent les cordiers, des fers à cheval que posent les maréchaux-ferrants ; le blé se moud dans les moulins à vent, les scieurs de long débitent en planches.

- les transports : jusque vers les années 1880 se font principalement  par voie d'eau d'où les métiers de mariniers, de voituriers par eau, de voituriers par terre, de rouliers,

- les personnels de maison : ils étaient nombreux en ce temps-là, simples servantes, domestiques, garçons d'écurie, lingères, cochers, cuisinières, ménagères, jardiniers, etc.

- le commerce : négociants en vins, marchands de bestiaux, marchands de chevaux, cafés, auberges.

           On vivait alors bien souvent en quasi autarcie, jusqu'à faire chez soi même son pain. Les légumes étaient ceux de son jardin. Le lait, celui de sa vache ou de celles de l'un de ses voisins. Les œufs et la volaille venaient de sa propre basse-cour ou de celle d'un voisin. Etc. Les objets fabriqués, on se les achetait lors des foires.

           En fin de siècle des évolutions se dessinent, il y a un charcutier, un hongreur, des cantonniers, un receveur-buraliste, des facteurs, deux instituteurs qui, de même que les cantonniers, sont souvent mis à contribution pour témoigner des décès, les épouses deviennent des cultivatrices, épicerie et pharmacie s'ouvrent. Il y a deux bijoutiers, probablement horlogers-bijoutiers d'ailleurs, (Engoumé et Poyneau), un horticulteur à Suronde (Fardeaux) et un autre au bourg (Baugé), les tailleurs de pierre sont devenus des maçons.

 

Les sociétés

 

- Au XIXème siècle à Rochefort comme partout ailleurs en Anjou se créent et développent des sociétés d'hommes dite d'agrément à vocation détente et loisirs. On s'y réunit pour causer, jouer aux boules ou encore aux cartes, boire un coup aussi. Elles étaient si connues que pour les désigner on parlait alors, et encore de nos jours dans nos campagnes, d'aller à la société. D'après le Dictionnaire Historique du Maine et Loire, elles étaient au nombre  de six en 1888. Elles avaient pour nom la Réunion, l'Avenir, le Grand Ayrault, la Gaîté, les Amis Réunis et les Bons Citoyens. Cinq ont pu être localisées, deux dans le bourg l'Union et l'Avenir, deux en basse vallée, l'une au Grand Ayrault (autorisation du 22 novembre 1871) et l'autre aux Robins (elle s'appelait l'Union en 1974 lors de sa disparition), une dernière enfin aux Lombardières, celle des "Bons Citoyens". En vallée, on jouait essentiellement à la boule de sable. De nos jours ne demeure plus que la société l'Avenir, route de Beaulieu. L'Union du bourg disparut vers 1940, l'Union de Vallée vers 1974.

 

La Société des Courses

 

           En un siècle où les activités hippiques étaient florissantes, une Société des Courses put être créée une fois construits les ponts sur la Loire. Le mérite en revient à Félix Fourmond, devenu maire en 1888. Cette Société réalisa l'Hippodrome du Marais devenu de nos jours Hippodrome du Val Fleuri. L'inauguration en eut lieu le 21 juillet 1889.

 

Les maires du XIXème siècle

 

-Jean Gachet (fait fonction)            29 pluviôse an IX               (18 février 1801)

- Benoît Louis Lardin                       10 pluviôse an X                 (30 janvier 1802)

- Philippe de Saint-Jean                     9 octobre 1815

- Nicolas Noury                                 24 juillet 1816

- Grégoire Thomassin                       14 janvier 1826

- Auguste Tharreau                           20 juillet 1828

- Joseph Langlois                               29 octobre 1828                   † en fonction

- Charles François Lucas                 15 décembre 1828              † en fonction

- C. Guittard                                          2 février 1833

- L. Jousselin                                       18 juin 1836                        26 février 1843

- Jean Désiré Morin                           15 janvier 1844

- François Lucas                                19 mars 1848

- Paul-Camille Pousset                     28 avril 1849

- Charles Drouard                                           1884

- Félix Fourmond                               24 mai 1888

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