Comprendre la foi catholique   Témoignage d’un simple fidèle         (Juin 2017)

             Je crois en un Dieu Trinitaire et fais miens tous les dogmes et enseignements de l’Église catholique, apostolique et romaine, dont le pape est Pasteur suprême.

 

 En notre monde où il est politiquement correct d’agresser ma foi, sa transmission suppose d’arriver à faire connaître pourquoi et comment on croit,  cela tout en débusquant mensonges et omissions.  En cette matière j’ai sans doute quelque peu failli, pour une bonne part parce que je suis d’un temps où la foi allait encore de soi, d’un temps aussi où on faisait aveuglément confiance à ces maîtres, clercs ou laïcs, auxquels se déléguait grandement l’enseignement religieux. Après coup j’ai découvert tout à la fois que j’eus pu mieux faire, aussi que plus d’une fois j’ai  délégué à des membres d’une Église de France en pleine crise de modernisme. Ma confiance, comme celle de beaucoup fut  abusée, terriblement abusée, avec pour résultat que les nouvelles générations sont quasiment ignorantes de tout ce qui caractérise le foi catholique.  Par le présent document je présente comment la conçoit un simple fidèle qui au long de sa vie s'est efforcé d'approfondir ses connaissances sur le sujet. Qui le veut peut me faire connaître toute erreur ou omission qu'il viendrait à constater ; je tiendrai compte de ses remarques s’il me corrige à bon escient ou me complète d’une façon utile.

 

Ces réflexions, peut-être les reprendrai-je, ou tenterai-je de les faire reprendre,  dans un livret qui pourrait s’intituler "La foi catholique pour les nuls ". Clarifier les approches ne peut qu’être une bonne chose en notre temps où la transmission de la foi s’est mal faite non seulement par suite de cette crise interne à l’Église, aussi dans beaucoup de familles de tradition chrétienne parce que les parents n’étaient pas armés intellectuellement pour neutraliser le "discours" dominant. Ce livret que je médite, d’abord témoignage personnel, inclurait des annexes présentant sommairement les dogmes,  les sacrements, les apparitions de Notre-Dame de Guadalupe et de Fatima, quelques prières essentielles, enfin quelques livres de lecture conseillés tel le "Jésus" de Petitfils. Verra-t-il le jour ? Assez âgé je crains fort de ne pas avoir le temps nécessaire. Puisse alors l’idée être reprise par quelqu’un d’autre, "du moins si je n’enfonce pas une porte déjà ouverte".

 

             1° - Dieu existe- Il est totalement  irrationnel de croire que l’Univers dans toute sa diversité soit le fruit du hasard, et de même l’évolution des espèces. Entre autres merveilles, parmi une infinité, le sourire pétillant du petit d’homme,  la fourmi et sa fourmilière ou encore l’organe auditif  humain, sa structure et ses 30.000 terminaisons nerveuses. Autant admettre qu’un roman de Balzac puisse naître d’un agglomérat de lettres agité des milliards d’année durant. Corollaire : un Créateur est à l’origine de l’univers, un Créateur qui lui a donné ses lois fondamentales, et qui, pour notre terre, a un but paléontologiquement précis : l’homme. Ce Créateur nous l’appelons Dieu. D’aucuns le souhaitent "pensable et intelligible". Le vœu est fort problématique tellement Lui et nous "ne jouons pas dans la même cour de récréation" ce que le prophète Isaïe  (55.8) transcrit : "Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins ". Caresser l’espoir de mesurer Dieu à l’aulne des Lumières, une tentation proprement luciférienne !

 

             2° - La Création :       Dans quelles conditions  l’homme fut-il créé et ce qu’est le péché originel, la Bible, en l'occurrence le livre de la Genèse, n’est pas à prendre au pied de la lettre mais comme une image de ce qu’a été la création. Qu'il y ait eu un Big Bang initial c'est scientifiquement probable, de même aussi que l'homme ait été l'aboutissement d'un processus évolutif de complexité croissante  en  même temps que de diversification arborescente. De  plus, à suivre les travaux de feu le professeur Lejeune, généticien de renommée mondiale, il y a certitude scientifique que tous les hommes descendent d'un seul et unique couple. Quant aux noms d'Adam et d'Ève que mentionne le livre de la Genèse, ils ne sont qu'une dénomination d'utilité pratique pour désigner nos premiers parents. Cela étant la science moderne réhabilite le récit biblique et renvoie aux poubelles de l'histoire l'hypothèse du polygénisme. Probablement beaucoup encore refuseront de l'admettre. Ne nous en étonnons pas. Renan, auteur d'une vie de Jésus, ne refusait-t-il pas qu'il ait pu faire des miracles au motif que le miracle ne peut pas exister. Pour lui le fait réel n'importait, seule comptait son idée préconçue.  

 

3° -- L'homme créé à l’image de Dieu - Il est d’évidence qu’à la différence des espèces animales ou végétales l’homme est capable d’influer à son gré sur son environnement. Libre de ses comportements, il peut  "construire", mais aussi détruire et se détruire. Il peut nuire aux autres et se nuire. Ses appétits sont potentiellement illimités, de même sa capacité de dévouement et de privation au profit d’autres. En définitive en quasi permanence il lui faut choisir entre satisfaire son moi au risque même d’œuvrer à sa propre destruction, et agir en respectant "sa programmation".

-Corollaire 1: l’homme a besoin d’un « code de bonne conduite ». Ce ne peut pas être une loi humaine : ce qu’une loi aura fait une autre pourra le défaire au gré du point de vue sous lequel se placera le législateur du moment.

-Corollaire 2 : pouvoir agir en bien ou en  mal est la contrepartie de notre liberté.

 

             - Le Christ, Messie envoyé de Dieu. Fruit d’une Volonté Créatrice qui a organisé merveilleusement l’Univers, l’homme n’a pas pu être " lancé dans la nature" sans  possibilité de découvrir son " mode d’emploi".

 À considérer l’histoire, on constate qu'ici et là l’homme, par son seul raisonnement, est parvenu à découvrir  ce "mode d’emploi", mais d’une façon plus ou moins approfondie, et toujours avec des manques considérables. Par contre, toujours à considérer l’histoire, un peuple existe, le peuple juif, au sein duquel de siècles en siècles des hommes, les prophètes, se sont faits la voix du Dieu Créateur pour dévoiler le pourquoi de l’homme et son "mode d’emploi" (les Dix Commandements), aussi pour promettre qu’un jour viendrait un envoyé pour "rendre toutes choses nouvelles" et compléter la révélation.

 

             5° - Jésus-Christ, Messie. Cet envoyé du Créateur, ceux qui vécurent à ses côtés disent que c’est Jésus-Christ. De son vivant ils arrivèrent à le reconnaître comme le Fils même du Créateur, ce en dépit d’une mort de réprouvé et malgré un milieu social où nul ne pouvait imaginer une telle identification. À y réfléchir cet envoyé du Créateur ne pouvait guère être un quelconque prophète : sa crédibilité eût été contestable. Le respect de notre liberté ne permettant pas que ce soit Dieu qui s’impose, la venue de son Fils parmi nous a résolu la difficulté. Témoin jusque dans sa mort (Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime), ce Fils put susciter des témoins, et des témoins crédibles à en juger de 2.000 ans d’Histoire.

              Charles Guilhamon l’a recueilli des lèvres du seul prêtre bouthanais, un converti de formation boudhiste (Sur les traces des chrétiens oubliés – Calmann-Lévy) : "Les autres religions proposent des systèmes de pensée ou une philosophie de la vie, alors que les chrétiens suivent un Dieu fait homme. Ce n’est pas un amour abstrait, c’est une rencontre personnelle. Ce qui rend heureux, c’est la relation que l’on peut avoir avec les autres. Pour moi avoir une relation personnelle avec Dieu, c’est la clé du bonheur".

 

- Les legs du Christ

             De vie attestée par de nombreux documents extrêmement fiables (cf. Jésus de l’historien Jean-Christophe Petitfils), Jésus-Christ a parachevé  le dévoilement de la finalité de la Création (frères en Jésus-Christ nous sommes appelés à participer à la vie de Dieu) en même temps qu’il a révélé le « mode d’emploi » de l’homme, adoration de Dieu, amour du prochain, respect de la création.

Quittant ce monde le Christ laissa derrière lui des apôtres instruits et formés par ses soins pour qu’à leur tour ils enseignent toutes les nations et de tous les hommes fassent des disciples. Tous reçurent des pouvoirs spirituels dont de nos jours sont détenteurs les évêques de par une ordination épiscopale transmise d'évêque à évêque depuis le temps des apôtres. L’un de ceux-là d'ailleurs, Pierre en l'occurrence, reçut de Jésus lui-même la mission particulière de veiller à la fidélité de la transmission de l’enseignement christique et à son bon approfondissement.. Ses successeurs sont  les évêques de Rome connus sous le nom de papes. Papes, évêques et fidèles constituent tous ensemble l’Église.

             Quittant ce monde le Christ laissa aussi des canaux permettant la communication directe ou indirecte avec Dieu, aidant ainsi chacun à vivre dans la vérité de son "mode d'emploi",  ce sont les sacrements, entre autres celui de l’Eucharistie par lequel à chaque messe Jésus actualise son sacrifice (au sens antique du mot) en même temps qu’il fait de nous des frères de sang. Qu’on n’aille d’ailleurs pas croire ceux qui attribuent à l’Église catholique « l’invention de l’Eucharistie » ; Saint-Paul n’écrivait-il pas dans sa première épitre aux Corinthiens (10 16), c'est-à-dire une vingtaine d'années après la mort de Jésus  : "La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ, puis plus loin (11 23-24) : Pour moi, en effet, j'ai reçu comme venant du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis: le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit: "Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en mémoire de moi….etc."

 

             7°- Le prêtre. C’est le coopérateur de l’évêque dans sa mission de pasteur du peuple de Dieu. De lui il reçoit, entre autres pouvoirs, celui de perpétuer le sacrifice du Christ par l’Eucharistie et, pour ce faire, d’agir "in personna Chrisi", en la personne du Christ. Il est cet homme à qui le Christ a dit "Quitte tout et suit moi". Le Christ ayant été un homme, ne nous étonnons pas si l’Église catholique ne confère la prêtrise qu’à des hommes. Quant au célibat qu’elle leur impose, comment ne pas le comprendre alors que la mission d’être pasteur du peuple de Dieu suppose d’être détaché de tout, d’être prêt à donner sa vie pour ceux qu’on aime. En notre temps où les chrétiens sont facilement mis au banc d’infamie, comment ne pas comprendre qu’un vrai pasteur ne saurait avoir femme et enfants sans perdre sa liberté d’expression et d’action, sans perdre par exemple la liberté de faire connaître que pour l'Église l'avortement revient à supprimer une vie ? Et pourtant l''Église pourrait-elle s'exprimer autrement alors qu'à peine enceinte la Vierge Marie fut accueillie, lors de l'épisode de la Visitation, par des trépignements, dans le ventre de sa mère, de celui qui allait devenir Jean le Baptiste ?

 

             8°- L’Église, centrée sur Rome, voix du Christ - Dans la lignée de l’enseignement de Jésus, le message d’un pape ne peut pas être un message d’accommodement aux valeurs du monde. Ce sera toujours et contre tout : soyez des saints ou, par référence à l’évangile de Mathieu (5-48), « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait »

 

             Quelques exemples concrets :

- L'Église ne peut pas valider un remariage car Jésus a enseigné que l'homme n'avait pas pouvoir de séparer ce que Dieu a uni.

- Qui se veut disciple fidèle doit se repentir de ses péchés et avoir en tête cette parole du Christ à la femme adultère (Jean 8-11) : "Va et désormais ne pèche plus".

- Jésus a enseigné l'existence des anges (Matthieu 8-10) : "Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous le dis leurs anges dans le ciel…"

-Nombreux enfin sont les passages des évangiles qui font état de l'enfer. Je citerai seulement Matthieu 25-41 : "Retirez-vous de moi, maudits. Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges"

 

             9°-"Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Ces paroles du Christ nous sont rapportées par l'évangile de Luc (20-25). En notre époque où il est fréquent de tout mélanger, elles précisent fort exactement les devoirs du chrétien, les limites aussi des pouvoirs de l'État vis-à-vis de l'individu résumés ainsi par l'article 1910 du Catéchisme promulgué par saint Jean-Paul II : " Il revient à l'État de défendre et de promouvoir le bien commun de la société civile, des citoyens et des corps intermédiaires". Face à des problèmes comme l'exode massif de migrants, le sida ou encore des récidives de viols suivis de meurtres, l'État et ses "fondés de pouvoir" n'ont pas à être stigmatisés s'ils prennent des mesures qui semblent "choquantes" en regard de l'enseignement de Jésus-Christ, ce peut être la création de camps de réfugiés, ce peut être  de faire distribuer des préservatifs,, ce peut être encore de condamner à la peine de mort. Il est des cas où l'angélisme n'est pas de mise. Face à certaines situations l'État doit se projeter dans l'avenir. Toutefois ainsi qu'exposé dans le 7° tout autre est le problème que pose l’avortement. Quelle que soit la position de l'État, pour l'Église Catholique il y a suppression délibérée d’une vie humaine, donc d’une personne.

L'intervention des autorités ecclésiastiques dans le forum politique répond à l'ordre reçu de Jésus d'aller enseigner toutes les nations. Toutefois il ne leur appartient pas de s'arroger une parole à contre-emploi ou, si l'on préfère, de s'immiscer indûment dans les affaires de la cité. Sans remonter aux errements des temps post-conciliaires, je crois erroné deux récentes intervention d'une haute autorité ecclésiastiques de notre pays, l'une dans la perspective des dernières élections européennes, l'autre, toute récente.  Lors de la première l'intéressé jeta l'anathème sur ceux qui ne cautionnaient pas l'actuel mode de fonctionnement de l'Europe. De quel droit ? La seconde, est un discours à l'occasion duquel la même autorité a avancé que la vague migratoire à laquelle nous assistons devait se percevoir comme une richesse pour notre pays. En affirmant cela ès qualité, cette autorité empiète indûment sur le domaine de César qui, lui, doit prendre en compte les dangers potentiels révélés par nombre d'incidents ici ou là. De plus ce n'est pas forcément par un accueil à-tout-va que doit s'exprimer notre solidarité avec les migrants et leurs pays d'origine. Par contre l'État est défaillant s'il ne fait rien pour que ces migrants ne soit plus contraints de s'expatrier.

             Rien d'anormal non plus à ce que des voix ecclésiales responsables requièrent des mesures contre la pollution ou le réchauffement climatique…..à une réserve près : le réchauffement est peut-être un phénomène naturel à en juger de nombre d'épisodes historiques, tel le recul des glaciers alpins qui commença vers 1850. L''Église n'a pas à cautionner l'imputation à l'homme d'un phénomène qui peut être naturel. Les vrais problèmes sont d'une part de trouver des parades à ce réchauffement, d'autre part de faire cesser les pollutions qui menacent l'avenir de l'humanité, non pas une mais toutes, celles de l'air liées à la combustion des hydrocarbures, celles des sols liées aux produits chimiques et aux pesticides, celles de l'eau liées aux rejets d'hormones par les réseaux d'assainissement, de plastiques par les plaisanciers, etc. 

            

10° - Croire aux miracles (plus exactement à la possibilité du miracle). L’Univers étant créé avec ses lois propres, les lois de la nature, il n’y a pas à espérer que le Créateur intervienne à tout bout de champ pour en modifier le cours. Pour autant, étant notre Père, et ainsi que le montre nombre d'histoires de saints il ne se l’interdit pas,  notamment en acquiesçant à une prière ardente en dépit de toute loi de la nature, ou encore en se manifestant directement ou indirectement à travers des révélations privées. Rappelons-nous Fatima et la demande qu’y fit la Sainte Vierge de consécration de la Russie à son Cœur Immaculée pour que ce pays se convertisse et que chute l’hydre communiste. Un acte de consécration solennelle fut fait par Jean-Paul II. Peu après l’inimaginable s’est produit : sans nulle guerre le mur de Berlin s’est effondré tandis qu’à Moscou le parti communiste soviétique  de lui-même se dissolvait. Autre miracle méritant d’être connu et rappelé : celui de Notre-Dame de Guadalupe imprimant son image sur la tilma (le tablier) de l’indien Juan Diego avec cette conséquence que des millions d'Aztèques se convertirent.

  Que les miracles aient leur importance, Jésus ne le souligne-t-il pas lorsqu’il s’écrie : "Malheur à toi, Choraaïn! Malheur à toi, Bethsaïde! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que Tyr et Sidon se seraient convertis" ?  De nos jours ceux étayés scientifiquement sont nombreux. De là à écrire qu’ils sont probants, gardons-nous en bien, nous rappelant ces paroles de ce même Jésus à propos de Lazare et du mauvais riche : "Même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts ils ne seront pas convaincus".

Conclusion : Même si les miracles ne sont pas un article de foi, il ne faut pas  les tenir pour nuls et non avenus ainsi que certains l’enseignent ou semblent  l’enseigner, plus disciples de Voltaire que de Celui qui est Chemin, Vérité et Vie.

            

             11°- Les fruits civilisateurs du message évangélique. Á travers les siècles le message de Jésus-Christ apparaît, comme ayant été le moteur de tous les grands idéaux de l’humanité, notamment ceux qu’exprime la devise Liberté, Egalité, Fraternité, aussi de toutes les grandes avancées d’ordre social, écoles, hôpitaux, instruction publique, allocations familiales, sécurité sociale,  etc.

             Détacher ces idéaux du message christique conduit aux pires catastrophes, entre autres aux massacres commis pendant la Révolution ou encore aux exterminations de koulaks et autres ennemis de classe par les régimes communismes. D’aucuns opposeront les « crimes de l’Inquisition » ou autres errements du temps jadis. Même lorsqu’ils n’en rajoutent pas, ce qui est fréquent, ils jugent à l’aulne de notre époque des faits d’un temps où les mœurs étaient autrement plus rudes. Pensons aux rois mérovingiens qui, quoique catholiques, simplifiaient les problèmes de succession par étranglement des prétendants potentiels, ou encore aux armées du "bon" roi Henri IV qui, en campagne, vivaient sur l’habitant, pillant, violant, incendiant. Les mœurs ne se sont que très lentement civilisées et ce sous l’action de témoins d’Évangile tels saint Vincent de Paul. Les mêmes à mettre l’Église en accusation d’oublier les crimes de la Révolution et les reculs de civilisation qui s’en suivirent notamment par la loi Le Chapelier, promulguée en 1791,  proscrivant les organisations ouvrières, ou encore par un Code Civil napoléonien mettant la femme sous tutelle de son mari, ce qui n’était pas le cas auparavant. 

 

             12°-Les fruits personnels du message évangélique.  Dans la pratique l’adhésion du fond du cœur à la foi chrétienne garantit tout à la fois l’épanouissement personnel et la qualité des relations humaines, avec les siens comme avec les autres, du moins pour autant que le permet la faiblesse humaine. À défaut l'intérêt personnel règne en maître..... et tant pis pour les plus faibles.

 

13° - La Bible.  Les Évangiles (dont l’historicité ne fait pas de doute à qui les étudie de bonne foi) sont de loin les ouvrages que nous devons lire et relire, et pas seulement à l’occasion de la messe dominicale. Ils sont la nourriture de base de notre foi. Après les Évangiles viennent les ouvrages du Nouveau Testament,  Actes des apôtres et lettres apostoliques (plutôt que l’Apocalypse d’un abord difficile) : on y voit comment le message christique a été compris et vécu par ceux qui l’avaient reçu.  Pour ce qui est de l’Ancien Testament, hors la Genèse j’avoue n’avoir pas tout lu, l’important me semblant de connaître l’Histoire Sainte. Par ailleurs celui qui participe aux offices dominicaux ne manque pas d'occasion de faire connaissance avec les Psaumes et autres écrits rédigés avant la venue du Christ. Parmi les livres de ce temps-là méritant une lecture privée, je signale  l’Ecclésiaste et son humour fait de sagesse désabusée.

 

14°- La prière. Tout d’abord une distinction me semble à faire entre la prière eucharistique faite pendant la messe, prière d’offrande du Fils à son Père, un legs du Christ, et les autres genres de prière.

Peu doué pour la prière personnelle, je lui ai pendant longtemps préféré l’action, sans toutefois  négligé la messe dominicale, même lorsque son accès m’était difficile. Rendre en permanence grâce à Dieu et essayer d'agir en chrétien me semblaient la forme de prière à privilégier.

Tardivement j’en suis revenu à la prière du matin et à celle du soir,  considérant l’une et l’autre comme un temps consacré uniquement à Dieu, même si ce n’est pas une prière méditation ou contemplation, ce dont je suis incapable, mais de simples prières récitées, mémorisées ou formalisées à une occasion ou une autre, tel des intentions particulières. J’aime particulièrement celle du Pape Jean-Paul II pour l’an 2000.  Hors ces prières, et depuis mon éloignement de toutes activités, je me suis mis aussi au chapelet quotidien. Deux déclics successifs : le passage d’une  "Vierge pèlerine", Notre-Dame du Laus, et la découverte du Mouvement Sacerdotal Marial dont l’animateur fut Dom Gobbi. S’en suivit une consécration à la Vierge Marie obligeant entre autres à réciter un chapelet tous les jours.

Le Notre Père, par définition la plus achevée des prières, accole deux modes différents de s’adresser à Dieu, l’une d’adoration et d’hommage, l’autre de demandes.  Attention toutefois à bien cadrer les prières de demandes. En aucun cas il ne faut les considérer comme une recette pour obtenir quelque chose mais plutôt comme un  "outil " pour servir Dieu et ses frères.

 

15°- La dévotion à la Vierge Marie. Elle remonte loin dans l’histoire de la foi catholique. Son "point final" se date du Concile Vatican II. Proclamant la constitution conciliaire Lumen Gentium, le Pape Paul VI y adjoignait une déclaration explicitant "la fonction maternelle que la bienheureuse Vierge Marie exerce envers le peuple chrétien". Ce ne peut être qualifié d’arbitraire tellement sont nombreux les arguments qui peuvent être invoqués en sus des dernières paroles de Jésus adressées à Saint-Jean qui sont d’une portée  pouvant être minimisée. Il y a entre autres  que d’après l’enseignement même de Jésus il est la vigne et nous les sarments ; il y a que se déclarant Fils de l’Homme il nous a enseigné que nous étions frères ; il y a que communiant au Corps de Jésus nous participons étroitement de sa filiation humaine ; il y a enfin que  la Vierge Marie l’a dit elle-même à l’indien Juan Diego lorsqu’elle lui a demandé de faire construire un sanctuaire placé sous le vocable de Notre-Dame de Guadalupe : "Je suis votre mère pleine de pitié et d’amour pour vous et tous ceux qui m’aiment, me font confiance et recourent à moi. J’écouterai leurs plaintes et je soulagerai leurs afflictions et souffrances". Les faits étant tels, faire fi du chapelet, c’est faire fi des conseils et demandes de notre maman du Ciel en ses multiples apparitions, entre autres à Lourdes, Pontmain, Fatima.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                           L'image de N-D de Guadalupe

 

Se mettre sous la protection de la Vierge Marie est d’une grande importance. Personnellement j’ai la quasi-certitude que toute ma vie s’en est ressentie. En dépit de mes manquements, combien de "chances" n’ai-je pas eues, plus d’une d’ailleurs me valant d’être encore de ce monde !

 

16° - Agir en conformité avec sa foi. "Une foi qui n’agit pas, est-ce une foi sincère ?". Cette formulation de Jean Racine reprend une idée développée par saint Jacques dans une épitre. Un chrétien ne peut vivre en ignorant les autres. Sa vie doit être à leur service d’où en premier une manière toute fraternelle de se comporter vis-à-vis d'eux quel que soit son rang social, aussi une présence dans la société par des engagements divers en fonction du temps et des circonstances, en aucun cas un repli sur soi et sa famille, en aucun cas aussi un désintérêt pour la politique qu’elle soit de  nature locale ou nationale. Attention toutefois : le message évangélique n'est pas une morale dont on assène les principes mais un art de vivre et de réagir. Aussi pour un fidèle s’engager dans la cité ne s’exprime-t-il pas à coup de dogmes et de principes moraux, mais  en termes d'exigences et de bon sens en regard du respect des personnes et du bien commun Ainsi, lors des débats sur l’ouverture du mariage aux homosexuels, le combat pour le respect de la création était à mener en faisant valoir qu’une loi en ce sens portait un tort grave, à la cité parce que méconnaissant gravement la portée du mariage, aux enfants vivant au sein de couples homosexuels parce que les privant d’office de l’environnement équilibré que garantit l’article 1er de la Charte de l’Environnement annexée à la Constitution, enfin qu’elle est contraire aux engagements internationaux souscrits par la France en matière de droits de l’enfant. Il n'en a pas été tenu compte. Demain, cette loi il faudra l'abroger.

 

17° - Les occasions de péché. Le message évangélique nous indique la voie à suivre. Toutefois comme de nature nous sommes libres et imparfaits nous agissons parfois bien, parfois mal, péchant donc. Or pour limiter le risque de pécher, une piste ne doit pas être négligée : fuir les occasions. En notre monde de mass-médias, les tentations sont innombrables. Aussi est-il d’une extrême importance d’adopter comme  règle de conduite de se fermer une fois pour toutes aux tentations malsaines de la télévision et plus encore d’internet.  J’avoue  être fort peu compétent quant à ce qui s’y peut trouver. Je me contente de deviner, de deviner aussi qu’un jeune, ou un moins jeune, même consacré,  peut y perdre son âme.   

 

18° - La rémission des péchés. Étant homme donc imparfait, le chrétien contrevient plus ou moins souvent et plus ou moins gravement à ses devoirs envers Dieu. Aussi pour que nous ayons la possibilité de restaurer nos liens avec Dieu,  Jésus a-t-il donné à ses apôtres le pouvoir de remettre les péchés. Les prêtres en sont détenteurs par délégation de leurs évêques. C'est le sacrement de réconciliation.

  

19°- La Vie après la mort. Qu’il y ait une autre vie après la mort, la résurrection du Christ en est le témoignage, de même aussi son enseignement (rappelons-nous la parabole  du mauvais riche et du pauvre Lazare),  de même enfin  bien d’autres faits que l’on pourrait citer, tel la "vision" de  l’Enfer dévoilée par la Vierge Marie aux enfants de Fatima. 

Comment concilier l’Enfer avec l’amour que Dieu manifeste pour l’homme ?  A cette question ma réponse est que Dieu propose son amour mais ne l’impose pas. Qui le rejette, de lui-même s’exclut de celui qui est Amour d’où qu’il se retrouve dans un Enfer où cohabitent tous ceux qui ont adopté cette même ligne de conduite, génératrice de haine et de ressentiment. A l’heure où j’écris la guerre civile déchire la Syrie. Par manque d’amour deux conceptions de la religion musulmane s’affrontent. L’Enfer c’est quelque chose comme ça.

Autre approche : celle du docteur Nagai, ce médecin japonais irradié à Nagasaki (Paul Glynn - Requiem pour Nagasaki) : "Chacun de nous devra rendre compte de sa vie quand il mourra. Dieu ne sera pas intéressé par ce que nous avons été mais bien plutôt par la façon dont nous avons vécu. Ce sera la seule question du jugement. Le PDG ne pourra pas occuper un rang supérieur au garçon de café et la femme du pêcheur sera à égalité avec celle du millionnaire. Les officiers de marine ne seront pas mieux traités que le cuisinier du navire. Tous seront jugés avec la même mesure : avons-nous bien employés nos talents, les avons-nous employés pour sa gloire ?" Personnellement j'ajoute : ces talents, les avons-nous employés selon Sa Volonté que son Fils nous a communiquée.

 

20° - La formation permanente.  Dans le domaine de la foi il faut faire de la " formation permanente" au même titre que dans la vie professionnelle. Ce peut être par des lectures, ce peut être par des retraites, ce peut être à l’occasion de pèlerinages ou en participant à des groupes de réflexion structurées ou non, etc. Cette formation permanente ne doit pas omettre  les questions d’Histoire. A l’heure actuelle prédomine en la matière  le mensonge, parfois direct, souvent aussi indirect de sorte que fréquemment  les esprits ont une connaissance totalement erronée du passé. L’Inquisition, la colonisation ou encore la torture en Algérie sont présentées comme le mal absolu sans tenir compte aussi bien de la vérité des faits que des réalités du temps. Sont totalement occultées aussi bien "l’œuvre civilisatrice" du christianisme et de la France que les crimes de la Révolution. Pour avoir une idée de l’état de l’Afrique lorsqu’elle fut colonisée,  rien de tel que de lire les récits d’un Livingstone ou d’un Stanley. Pour porter un jugement sur certains épisodes de la colonisation, rien de tel que de prendre conscience qu’en ce temps-là régnaient palud et fièvre jaune et que rien ne pouvait se faire sans morts nombreuses y inclus chez le colonisateur. Etc… Être formé et bien informé est indispensable, sauf à se laisser berner par des maîtres-menteurs comme le démontre sur son site l’historien de l’Afrique Bernard Lugan à propos de l’île de Gorée ou du 17 Octobre 1961.

 

21° - Toutes les religions se valent ? C'est un argument parfois asséné. Qui réfléchit un tant soit peu s'aperçoit qu'il est sans nulle valeur tellement il recouvre de pratiques différentes, pour certaines d'entre elles totalement à l'opposé de l'idéal républicain d'égalité et de fraternité. Les musulmans admettent l'esclavage. Les Hindous séparent les hommes en castes. Etc. Toutes les religions ne se valent pas. En telle matière émettre un jugement de valeur nécessite un minimum de réflexion.

 

 

                                                                                            Michel Nouaille-Degorce   Le 29 juin 2017

 

 

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